La nouvelle vague

Par Anonyme - 02/09/2022 10:20

Aujourd'hui, j'ai peur, car j'ai vu un post sur un réseau social dans lequel une femme, fraîchement recrutée pour être professeur contractuel, demande quelle est la différence entre la pré-rentrée des profs et la réunion parent-professeur. VDM
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Top commentaires

C'est marrant, mais ça fait 15 ans que les professeurs sont dénigrés par certains individus et policitiens, qu'on leur demande de s'occuper de toujours plus d'élèves sans augmenter les moyens, qu'ils ont peu de soutien face aux difficultés voire les agressions qu'ils rencontrent, que leurs salaires ne sont pas revalorisés et sont parmis les plus bas en comparaison des autres professeurs en Europe. Et dans les 5 dernières années, ça c'est encore empiré avec le précédent ministre de l'éducation nationale qui a préféré empirer les problèmes, n'a fait quasiment rien face à la pandémie (les fameux masques qui sont arrivés avec 2 ans de retard et à la fin.d'une vague), et dont la seule réponse quand on lui signalait les problèmes ça a été de traiter ceux qui le critiquaient "d'islamo-gauchistes" et de "wokistes" (dont on attend toujours la définitions précises d'ailleurs) sans jamais se préoccuper du fond des arguments ; et en plus, alors que le manque de profs s'accentue en continu depuis la fin des années 2000, le président assumait de ne pas vouloir en embaucher plus car selon lui ils coûtent de l'argent public et "ne contribuent pas à la reconstruction de la France", ce qui pour lui signifie qu'ils ne ramènent pas d'argent au secteur privé. Et maintenant, on manque de professeurs, de candidats aux concours, et on doit embaucher en urgence des contractuels quasiment pas formés. Je me demande comment ça se fait et pourquoi on ne l'a pas vu venir.

Il est aisé de critiquer, et malaisé de faire mieux. En attendant, au lieu de se moquer de ses travailleurs précaires, pourquoi ne pas passer le concours de professeur pour palier à la pénurie ? Ça fait combien de décennies que des légions de crétins des Alpes gueulent que c'est un métier facile, qu'on ne travaille presque pas et qu'il y a plein de vacances ? Vous êtes où ?

Commentaires

Dans une vidéo, un futur instituteur contractuel dit : je sais pas c’est où que je vais travailler. D’un côté, mon mari corrigeait déjà les fautes de son instituteur en CE1 dans les années 80.

Là c'est facile de critiquer. Comme on ne peut pas se rattraper ni préparer plus de quelques secondes à l'avance ce qu'on va dire, c'est beaucoup beaucoup plus courant de faire des fautes à l'oral qu'à l'écrit, et une faute à l'oral ne suffit pas en soit à révéler le niveau d'une personne.

Pour avoir été interviewé par deux fois (au moins) par la télé, je confirme que quand on n'en a pas l'habitude, c'est compliqué de trouver les mots et les expressions justes.

Grumpy Jack 26

Le stress, la peur et un tas d'autres émotions peuvent nous faire perdre les moyens, jusqu'à bafouiller et commettre quelques fautes de langage... mais, en principe, ce qui est acquis le demeure. Celles et ceux qui font encore ce genre de fautes à l'âge adulte n'ont donc pas acquis les bases de la langue française. Quand on sait que certains enseignent dans le primaire, ça fait peur pour la suite... Et je ne parlerai pas des profs qui refusent d'aborder un thème du programme obligatoire simplement parce qu'ils n'en ont pas envie...

Il est aisé de critiquer, et malaisé de faire mieux. En attendant, au lieu de se moquer de ses travailleurs précaires, pourquoi ne pas passer le concours de professeur pour palier à la pénurie ? Ça fait combien de décennies que des légions de crétins des Alpes gueulent que c'est un métier facile, qu'on ne travaille presque pas et qu'il y a plein de vacances ? Vous êtes où ?

Mon mari est prof titulaire. Il a mis 5 ans à réussir à avoir le concours. Quand il était contractuel, il travaillait à côté de chez lui. Quand il a eu le concours, il a été muté à 350 kms, et l'a su 3 jours avant la rentrée scolaire, et quand il a été titularisé, il a été muté 100 kms plus loin. C'est une des raisons pour lesquelles les personnes préfèrent ne pas passer le concours.

Ammon+ 17

Taux de réussite actuel : 28% 15% pour prof de sport ou sciences humaines. Oui, devenir prof, ça ne se fait pas en 3 mois. Et pourtant, c'est payé comme si. Et ils ont du mal à recruter. Incroyable hein ?

Entièrement d’accord sur le fond. Pour la forme, j’aurais écrit: "pallier la pénurie" plutôt que "palier à la pénurie"…

C'est marrant, mais ça fait 15 ans que les professeurs sont dénigrés par certains individus et policitiens, qu'on leur demande de s'occuper de toujours plus d'élèves sans augmenter les moyens, qu'ils ont peu de soutien face aux difficultés voire les agressions qu'ils rencontrent, que leurs salaires ne sont pas revalorisés et sont parmis les plus bas en comparaison des autres professeurs en Europe. Et dans les 5 dernières années, ça c'est encore empiré avec le précédent ministre de l'éducation nationale qui a préféré empirer les problèmes, n'a fait quasiment rien face à la pandémie (les fameux masques qui sont arrivés avec 2 ans de retard et à la fin.d'une vague), et dont la seule réponse quand on lui signalait les problèmes ça a été de traiter ceux qui le critiquaient "d'islamo-gauchistes" et de "wokistes" (dont on attend toujours la définitions précises d'ailleurs) sans jamais se préoccuper du fond des arguments ; et en plus, alors que le manque de profs s'accentue en continu depuis la fin des années 2000, le président assumait de ne pas vouloir en embaucher plus car selon lui ils coûtent de l'argent public et "ne contribuent pas à la reconstruction de la France", ce qui pour lui signifie qu'ils ne ramènent pas d'argent au secteur privé. Et maintenant, on manque de professeurs, de candidats aux concours, et on doit embaucher en urgence des contractuels quasiment pas formés. Je me demande comment ça se fait et pourquoi on ne l'a pas vu venir.

MirabellePrune 36

ça fait plus de 60ans que les profs et instits sont dénigrés, sous payés, mal aimés, déconsidérés. Ils avaient des classes de >40 en primaire dans les années 60/70. Aujourd'hui dans les zones "sensibles" certaines classes ont été dédoublées pour être à moins de 20 élèves par instit + atsem... Mais on est Français, donc forcément, c'était mieux avant, et ça va toujours de pire en pire.

C'est vrai que les classes de 25 au collège, après des classes de 35 à 40 en primaire, ça changeait la vie !

Sauf qu'avant, un instituteur était payé en moyenne 2,2 fois le SMIC, avec un logement de fonction. Maintenant, on est à 1,2 fois le SMIC, sans le logement. Déjà, ça s'impose, comme chiffres. Ensuite, avant, les profs n'étaient pas du tout dénigrés et mal aimés. L'instituteur était bien souvent l'intellectuel du village plutôt qu'un sujet de moquerie. Enfin, le "sensible" ne mérite pas ses guillemets. Moins de 20 élèves par instit + atsem, c'est la théorie. En pratique, c'est 24 élèves non dédoublés (classe dédoublées jusqu'au CP ou CE1, pas au-delà, et la plupart du temps on met deux instit dans la classe, ce qui n'est pas du tout la même chose). L'ATSEM est là... Quand on n'en a pas besoin ailleurs (y'a aussi une pénurie d'ATSEM). Et on a des élèves qui ne parlent pas la langue (dans un but d'inclusion, c'est formidable au niveau humain, mais difficile pour l'enseignant), des élèves autistes (idem), etc. Ce qui n'était pas le cas avant (même dans les années 90, sans parler des années 60). On a, c'est un fait, les enseignants les moins bien payés d'Europe. C'est facile de la jouer "les français râlent tout le temps les profs sont des fainénants", mais c'est également faux. Sans surprise. Si le métier était si bien, il n'y aurait pas un tel manque de personnel. Faut arrêter un peu.

Je en pense pas que ce soit là le pire...