De l’intérêt de ne pas montrer son cul sur la Grande Muraille de Chine

L'article dans lequel je vous révèle le vrai sens de l'aventure.

Depuis quelques jours, l’Egypte est sens dessus dessous à cause d’une vidéo de trois minutes diffusée un peu partout dans le monde. Et pour cause, un couple de Danois y grimpe sur la pyramide de Gizeh en dehors des horaires de visite puis s’y fout à poil avant de s’allonger l’un sur l’autre, le petit robinet contre la craquette.

Les autorités du pays sont donc doublement remontées, contre celui ou ceux qui leur ont permis d’accéder au monument et contre les deux naturistes passionnés de beaux points de vue. Un peu comme le sont les autorités péruviennes chaque fois qu’elles arrêtent des touristes en train de poser nus pendant une visite du Machu Picchu. Car de la Grande Muraille de Chine à la Tour Eiffel, poser à poil dans les hauts lieux de la culture mondiale est clairement devenu en quelques années une sorte de nouveau sommet de la déglingue. Et ça me laisse perplexe.

Aventuriers de pacotilles

Pour expliquer cette mode complètement pétée, deux pistes : soit le naturisme fait une percée chez les amateurs de vieilles pierres, soit il s’agit d’une nouvelle façon de repousser les limites pour les aventuriers de pacotille qui peuplent ce genre de lieux afin de remplir leurs comptes Instagram. Evidemment, j’opte pour la seconde théorie.

Soyons clair, je n’ai rien contre les voyageurs qui visitent ces monuments. J’ai moi-même beaucoup voyagé et je comprends parfaitement l’attrait de “la chose à voir”. Ce ne sont donc pas les touristes qui me chagrinent, juste une partie d’entre eux dont je déteste l’état d’esprit. On pourrait les décrire ainsi : les backpackers qui vont d’auberges de jeunesse en restaurants servant burgers et Budweisers jusqu’au fin fond de l’Asie.

Pourquoi ? Parce qu’ils me donnent souvent l’impression de transformer le voyage en gigantesque ego trip où tout - population, culture, monuments - devient un moyen de se mettre en valeur. Au point de finir par montrer son cul ou s’envoyer en l’air dans des lieux considérés comme sacrés - ou juste très importants - par les habitants des pays où ils se trouvent.

Savoir changer de point de vue

Parce que même si les pyramides appartiennent à une autre époque, elles n’en sont pas moins une part importante de l’histoire égyptienne et mondiale. Tout comme le Machu Picchu, toujours considéré comme sacré par le gouvernement péruvien.

Quand on prétend vouloir découvrir le monde, s’inspirer d’autres cultures et voir d’autres manières de vivre, on commence par se poser la question du respect. Ce sur quoi on peut blaguer ou pas, ce que l’on peut faire sans offenser l’autre, ce dont on peut s’offenser ou pas.

La véritable nature de l’aventure

Il y a des pays dans lesquels on ne refuse pas une invitation même si on a quelque chose de plus cool à faire. D’autres où on crache par terre sans que ça ne choque. D’autres encore où s’essuyer avec du papier plutôt que de se nettoyer à l’eau est considéré comme sale, voire incompréhensible. Il y en a même un dans lequel j’ai vécu où il est vraiment très impoli de se moucher en public.

Je crois que vous me suivez, nous aussi nous faisons des choses considérées comme très sales ou très choquantes par d’autres. Et inversement. C’est juste le monde qui est comme ça, plein de polarités inversées et de différences culturelles. D’ailleurs, ce n’est pas toujours facile à vivre et à accepter. Pourtant, c’est bien là le défi de la véritable aventure.

Par Indyx / mardi 11 décembre 2018 16:30 /
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Top commentaires
Par  Scott du Canada  |  45

Je suis pas contre les
Délires barrés, au contraire. Mais quand on va dans un pays qui n’est pas le nôtre, on respecte ses règles ( aussi bêtes soit elles ) et ses coutumes.
Trop de gens se permettent de penser: je m’en fout, c’est pas chez moi, alors je fais ce que je veux.

Commentaires
Par  Scott du Canada  |  45

Je suis pas contre les
Délires barrés, au contraire. Mais quand on va dans un pays qui n’est pas le nôtre, on respecte ses règles ( aussi bêtes soit elles ) et ses coutumes.
Trop de gens se permettent de penser: je m’en fout, c’est pas chez moi, alors je fais ce que je veux.

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  Kaa04  |  48

Ben c’est justement là que le terme «egotrip» entre en jeu. C’est sûr que s’ils s’étaient contentés de baiser tranquille là-haut sans médiatisation ça m’aurait pas choqué. Là ça fait vraiment genre «nique l’Egypte on fait c’qu’on veut on est de guedins de la mort!» Et s’ils s’étaient fait gaulés ils auraient chialé leur mère pour avoir pourri 3 mois dans un cachot du Caire à bouffer du rat bouillis une fois par semaine et auraient trouvé que c’était un putain de pays de sauvages qui respecte pas les droits de l’Homme.

Répondre

- Oh, oh que c'est beau...
- Descends, tu es ridicule !
- Oh, oho, vous êtes tous petits en bas ! Haha.
- Ne dis pas n'importe quoi. Descends de ce Sphinx !
- Oh ho ho ho, ah je vais faire un tour sur le front.

Par  the_unforgiven  |  37

Jusqu'au jour où 1 ou 2 glangu.e.s se feront toper en flagrant délit dans un pays avec des lois pénales/religieuses bien sévères, et là on va vraiment rigoler !

#lesréseauxsociauxrendentcon

Par  Ornn  |  12

Une pyramide jusqu'à preuve du contraire est une tombe, je trouve ça assez malsain de profaner un tel lieu. On doit le respect envers une personne dcd même si c'était il y a 4000 ans.

Par  Kitoko  |  20

Quel rapport entre se foutre à poil sur une pyramide et respecter les autres cultures ?Dit comme ça on dirait qu’en France ça passe. Y a nul part dans le monde où ça se fait une chose pareille...