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Par "Porsinette" - / vendredi 31 août 2018 09:00 / France
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Commentaires
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  Sejta  |  16

Pour certains, oui, pour d'autres non. Tout dépend de ce à quoi tu aspires dans la vie.
Et une Rolex ? Autant viser plus haut : Le jet privé, le manoir à East Hampton, s'acheter un jambon beurre dans un TGV..

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  La fée dorée  |  24

L'auteur parle d'une contrefaçon, pas d'un jouet.

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  Sejta  |  16

C'est un concept kwalish, et pourquoi pas ?. Même si je préfère me dire que le moment venu (merci kwalish, je ne m'étais pas relu), j'espère pouvoir léguer un héritage émotionnel à mes proches et non pas des chiffres et des objets inutiles.

Dans «Embrasser la mort» de Phra Paisal Visalo, le Maranānussati ou la méditation sur la mort dans le Theravada, nous pouvons lire :

«La vie et la mort sont, en fait, une seule et même chose. Nous mourrons sensiblement de la même manière que nous avons vécu. Si nous vivons dans l'ignorance, il est probable que nos derniers instants se passeront dans la souffrance, sans aucun sentiment de paix ni de lucidité. Mais si nous continuons à développer la vertu et l’attention, nous serons en capacité de vivre nos derniers instants de manière paisible, dans un état de conscience vigilante, jusqu'à notre ultime souffle.

Celui qui est éveillé vit avec une conscience aigüe de l'omniprésence de la mort. A tout moment, il est prêt à faire face à la mort. Mais, même si l'esprit n'est pas suffisamment préparé à cette échéance, il peut toujours être entraîné au fil des jours, tout en faisant de son mieux ce que l’on a à faire, en ayant accepté que l'incertitude est un élément de la vie.»

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  kwalish  |  56

*le moment "venu" (sinon on parle de suicide)
Je suis d'accord, c'est important d’intégrer la mort, mais pour ajouter une pointe de cynisme, aucun de ces auteurs n'est revenu nous dire comment c’était passé leur 'mort paisible' :)

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  Sejta  |  16

Effectivement. Merci pour la correction.
Cependant le moment peut-être voulu : comme Jacqueline Jencquel qui à 74 ans, a choisi la date de sa mort par suicide assisté en janvier 2020.

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  kwalish  |  56

J'ai effectivement hésité un instant avant de proposer la correction, mais vu le contexte, je me suis dit que tu voulais dire "venu" quand même ;)

Dans tous les cas, c'est un point qui m’intéresse: comment faire revenir la mort dans la société? qui nous amène à la question: pourquoi en est-elle partie?
Je ne vais pas me lancer dans une diatribe (à la suit-face :)), il y a trop de choses à dire mais en gros aujourd'hui ... on cache la mort (ou ce qui peut nous la rappeler: la vieillesse, la maladie) le plus possible (...vdm): les cadavres sont cachés le plus vite possible, les cimetières loin de tout. Pourquoi? Surtout que ça n'a pas toujours été le cas et que suivant les sociétés, justement la mort peut-être partie prenante de la vie de tous les jours ... Les romains, autrefois, plaçaient des tombes près des entrées des villes pour rappeler notre condition mortelle, pourquoi pas? J'ai l'impression qu'on ne se pose même plus la question et que c'est un acquis/un tabou(?).

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  Sejta  |  16

Je n'ai plus de temps pour discuter ce midi; bien que cet échange débute très bien. Permettez-moi juste de vous donner un texte à lire : «Antigone et la place des morts. L’invisible au cœur du politique» de Myriam Watthee-Delmotte,de Louvain. Vous pouvez trouver son texte sur le site musemedusa.

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  Kinvald  |  29

Antigone conçoit la mort différemment de ses contemporains. Pour elle, la mort est quasiment un choix, c'est elle qui l' a choisie afin de maintenir la pureté ainsi que la liberté. Elle n'est ni coupable ni innocente. C'est le destin qui la pousse à sa perte et l'engage dans une lutte écrasante. Je pense qu'il faut enlever toute portée religieuse à ce mythe si on veut en faire un parallèle sur les préoccupations de la mort et le rôle des morts dans notre société occidentale moderne.

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  MadameDodue  |  52

Oui moi aussi je regarderai. Mais c'est marrant cette histoire de tabou, justement hier je regardais une vidéo où il était question des menstrues dans l'histoire (rien à voir avec la mort donc). Selon les époques on a du sacré, du tabou, mais grosso modo plus la femme est respectée, moins c'est tabou. Du coup je me dis que la mort est peut être taboue parce qu'on ne respecte plus la vie. Faut dire ce qui est, on a fait plus galère niveau survie que l'occident à notre époque.

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  kwalish  |  56

Sejta> Le passage sur la place des morts est relativement court mais intéressant, je retiens surtout cette phrase "L’homme du XXIe siècle est fondamentalement dépourvu de destin ; de là, la déréalisation contemporaine de la mort qui se manifeste dans la difficulté à prendre en charge tant le cadavre que le deuil", avec une référence que j'irai sans doute consulter (bon certes on a pas de destin, mais du coup on est libre de créer le notre, et puis c'est pas en se voilant la face, à propos de la mort, qu'on avance le mieux) :)

Madame dodue> très intéressant comme parallèle, j'ajouterais même, on ne respecte plus la vie parce qu’on en a fait, pour une part, un outil avec un "cycle de vie" spécifique.

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  Slyfried  |  38

Intéressant.
Si vous souhaitez lire deux ouvrages sur le sujet :

«La place des morts : Enjeux et rites» de Patrick Baudry :

Pour Patrick Baudry, sociologue, le psychologisme régnant dans la société contemporaine a réduit la ritualité funéraire à une sorte d'hygiène mentale censée favoriser le travail du deuil individuel et familial. La question de la mort comme limite infranchissable et la dimension sociale des rituels sont escamotées. Pour P. Baudry, l'obligation de séparer les morts des vivants est pourtant une construction collective, qui est tout bonnement aux fondements de la culture. Il nous invite à en tenir compte.

«La mort vue autrement. Paris : Les empêcheurs de penser en rond» de François Dagognet (pas celui de Kaamelott, je vous rassure !) :

François Dagognet, philosophe, réexamine, pour les mettre en regard, les points de vue de la biologie et de la philosophie sur la mort. Pour la première, la mort et la sexualité vont de pair, et constituent un mécanisme qu'utilise la vie pour mieux se continuer et se diversifier. Pour la philosophie, depuis Platon, la mort est à la fois une conséquence du péché et une promesse de délivrance. Écartant les conceptions religieuses inspirées par Auguste Comte, F. Dagognet replace les morts au cœur de la communauté qu'ils recomposent et revivifient à l'occasion de leur disparition, et esquisse ainsi le portrait d'une mort apaisée.

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