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Le 1er mai sur VDM : Glandouiller, c'est la santé.

Le 1er mai, c’est paraît-il le jour de la glandouille. Quoi ? Vous ne me croyez pas ?

On dit ci et là que c’est la Fête du Travail.  Moi en général quand je fête quelque chose, la chose fêtée est plutôt présente. La fête du vin dans mon quartier, il y a du vin et des ivrognes (et moi dans les parages, forcément). À la Fête de la musique, il y a des musiciens. La fête du slip à Bandol, y’a des slips, et c’est à Bandol. Quoique, ce dernier, je crois que c’est plutôt une expression. Mais en effet, si la Fête du Travail et la Fête de la musique fonctionnaient de la même façon, le 21 juin serait… beaucoup plus agréable. De longues rues calmes et vides, pas de groupes en train de faire des reprises atonales de Police ou de Téléphone, pas de punks à chien en train de hurler que “la société elle nous aura pas, salope, pipi caca”. Non, pour la Fête de la musique, on fait de la musique. Même Shaka Ponk essaye d'en faire, avec cependant des résultats dignes de Guantanamo. Alors pourquoi diable est-ce que pour la Fête du Travail on glandouille ?

(Un exemple typique de glandouillage éhonté un 1er mai. La France avance.)

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai rien contre. Au contraire, plus feignant que moi, y a pas. Si je pouvais passer mon temps de travail dans un hamac suspendu au dessus d'une glacière remplie de Coca Zéro à contempler l’horizon en éructant quelques instructions à des stagiaires, ce serait nickel. Mais ce n’est pas le cas, et c’est pas demain la veille (me dit-on). Mais pourquoi appeler ça la Fête du Travail alors ? OK, je sais, historiquement, c’est pour fêter les réalisations des travailleurs au cours de l’année (merci Wikipedzouille). C’est pour cela que pour aujourd'hui je vais simplement m’auto-congratuler pour l’amoncellement de canettes de Coca Zero que j’ai réunies sous mon bureau. Une vraie montagne de réussite.

Aujourd'hui, mon GPS m'a fait comprendre que je passais trop de temps au travail : il a automatiquement défini l'adresse de celui-ci comme étant mon domicile. VDM 

Sur VDM, le travail revient souvent dans les anecdotes car c’est ce qui permet de vivre dans des appartements moisis et d'acheter des jeans à nos enfants ingrats, à moins d’être chanceux ou mort. Comme le sous-entend la VDM ci-dessus, on y passe une bonne partie de notre vie et je me suis dit qu’avec cette fête, c’était l’occasion de vérifier si le dicton : “Le travail c’est la santé” tient la route, ou si c'est juste des balivernes inventées pour nous pousser à nous installer au fond du bus 175, Nick Drake dans les écouteurs, pour y imaginer le suicide parfait et ensuite aller s’épanouir au bureau.

Aujourd'hui, je me suis étouffée dans l'open space où je travaille, mais j'ai tout de même pu entendre un petit : "Crève, salope." VDM

Épanouissant, en effet. Certes, les conditions de travail sont plutôt variées à travers le monde du travail. Là, moi, au moment de vous écrire, j’ai une hernie discale, une sciatique, un chat sur les genoux et j’ai soif de morphine et de Figolu. Mais tout ceci n’est pas dû au fait que je fais un métier à risque, non non. J’ai juste soulevé un machin trop lourd pour mon ossature pathétique et crac. Donc faites attention, les blessures au travail, ça arrive plus vite qu’on ne le croit. Je soulevais quoi ? Un sac IKEA bleu rempli de packs de cannettes de Coca Zero. Fallait bien achever la montagne.

Aujourd'hui, je me suis pris un pain dans la gueule. Comme une patiente de l'hôpital psychiatrique où je travaille n'était pas d'accord avec moi, elle m'a agressé, arme en main. Je sais désormais qu'un croûton peut être une arme redoutable. VDM

Voilà. On pense aller dans un endroit où l’on sera en sécurité, et puis on se fait encroûtonner. C’est pas humain. C’est souvent le cas quand on est en contact direct avec les clients. Depuis que quelqu’un leur a mis dans la tête que “le client est roi”, plutôt que “le client devrait demander gentiment et pas trop la ramener”, ça use les nerfs des honnêtes travailleurs. Les clients, c’est les pires. Les gens, c'est les pires.

Aujourd'hui, je suis caissière dans un supermarché. Un client a déchiré un paquet de gâteaux, en a sorti un seul et est venu le payer à ma caisse. Devant mon air incrédule, il s'est roulé par terre et s'est écrié : "À ma guise !" VDM

Il y en a des gentils, des normaux, hein. Heureusement. Mais parfois, l’exposition à ce genre d’individu mène trop facilement à la dépression. On commence sa vie professionnelle particulièrement sain d’esprit, puis on finit avec 15 kilos en plus ou en moins, une barbe, une addiction au dissolvant à vernis et une cigarette électronique ridicule constamment clouée au bec. Et ça c’est juste au bout de la première année.

(Encore une fois, un exemple de glandouille de jour férié. Ça ne bosse pas et ça rigole. Scandaleux.)

Certaines professions mènent aussi au surmenage, ce que les Anglo-Saxons et les porteurs de lunettes de soleil professionnels de la com’ appellent “le burn-out” (à prononcer avec l'accent de Bernard de la Villardière). Ça ne veut pas dire s’exhiber les testicules ou changer de couleur de cheveux, je précise. À vouloir trop en faire, on finit par ne plus arriver à faire grand chose. On reste au milieu du salon, les bras ballants, le regard vide... Le travail c’est la santé, OK, mais il faut savoir doser, car comme avec un pot de Nutella de 3 kilos, il faut savoir poser la truelle et s’arrêter. Olivier de Carglass par exemple : trop de pare-brises amochés, il est devenu fou. Il a acheté un magnum et a dégoupillé dans le magasin. Bon, heureusement pour les clients, c'était un magnum style "glace à la vanille nappée de chocolat croustillant" et non pas une arme à feu, donc personne n'a été blessé, juste quelques pare-brises salis. Le surmenage peut faire faire porte nawak, méfiance. Comme disent les gens qui n'ont pas vraiment réfléchi à quelque chose car ils n'ont pas vraiment saisi les tenants et les aboutissants : À méditer.

Aujourd'hui, j'effectuais mon boulot de facteur quand je me suis fait mordre par un petit chien. Ça peut arriver, me direz-vous. Sauf que le chien en question avait eu la bonne idée de se cacher dans la boîte aux lettres. VDM

Y’a quand même du bon dans le travail, faut pas croire, les collègues, l’aspect social, des gens qui ne se seraient pas rencontrés par le plus pur des hasards autrement qui sont réunis pour un objectif commun. La santé, aussi bien mentale que physique, c’est du boulot, et par le travail peut découler une santé mentale positive. Ou pas du tout, si les collègues sont de parfaits abrutis... Le 1er Mai c’est aussi le moment idéal pour aller retrouver ses collègues hors du travail pour passer un bon moment, ou alors retrouver des gens aux mêmes idées arriérées que nous pour défiler autour d'une statue pour démontrer mollement des valeurs d'un autre temps et… Non, je n’y crois pas une seule seconde. Ça n'existe plus ça, si ? Déni total. Allons plutôt acheter du muguet pour maman, et retournons dans nos hamacs. Profitons d’un peu de calme, et attendons que ça passe. Attendons.

Pour ceux d’entre vous qui travaillent ce 1er mai, que ce soit dans les industries du service ou des transports ou de la restauration, ou ailleurs, on pense à vous. Pour les autres, profitez-en pour glandouiller un peu. Bonne fête à tous !

#1624 - L'actualité VDM - Publiée le 01/05/2014 à 07:18 Écrit par Alan - 87 commentaires

Meilleurs commentaires

  • Bon ! Après avoir bien rigolé devant cet article (que d'efforts pour mes pauvres abdos tous mous sculptés à coup de nutella !), je pense que je vais m'installer dans mon lit avec mon ordinateur sur les genoux et gladouiller sur internet. Et quand j'en aurai marre, je glandouillerai en lisant une BD. Ça me parait être un bon emploi du temps.

    #1 - Le 01/05/2014 à 09:56 par Brachypelma

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  • Une pensée à ceux qui bossent alors ;).

    #5 - Le 01/05/2014 à 10:05 par Justine7

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Commentaires

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