Par A.nonyme - 27/2/2021 14:01

L'influence parentale

Aujourd’hui, mon fils de presque 2 ans expérimente son premier gros mot. Il l'a dit distinctement, sérieusement et presque à bon escient. C’est de cette façon qu’une amie s’est joliment fait rebaptiser : "Ta gueule." VDM
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Top commentaires
Par  Aïlys  |  9

Oui, c'est vrai qu'un enfant élevé dans un milieu vulgaire est vulgaire pour les autres mais un modèle de sainteté pour sa famille vulgaire.
Le problème est justement là. Les enfants grandissent dans un milieu ou tout est banalisé. La violence, la vulgarité, l'irrespect, l'intolérance...
Quand un enfant est insolent et vulgaire, les gens disent : il ira loin, ce petit/cette petite ! Il/elle a du caractère !
Mais moi, l'absence de respect me choque. Les enfants d'aujourd'hui seront les adultes de demain. Personnellement, j'ai déjà entendu des gros mots, mais j'ai constaté la différence d'éducation lorsque j'avais 8 ans.
J'écoutais une enfant de 10 ans raconter une histoire de son père qui faisait ses besoins bruyamment et sa mère qui lui criait dessus à travers la porte.
Elle nous l'a raconté comme ça, mot pour mot.
"Mon daron était en train de chier, et il avait la coulante de fou ! Il pétait et *imitation d'un bruit de diarrhée* et ma daronne a tapé dur la porte en gueulant "ouais t'as le bide pourri ou quoi fait moins de bruit c'est dégueu !" et là mon daron lui fait "ta gueule ! Aux chiottes on fait c'qu'on veut !” *imitation du bruit de la diarrhée*
Et elle s'est mise a rire de son histoire. J'avais 8 ans, et non seulement je n'ai pas trouvé ça drôle, mais pour moi c'était d'une vulgarité incroyable. C'etait au milieu des années 90. Je n'avais pas été élevé comme ça. Ce langage n'existait pas pour moi. Quand je vois à quel point aujourd'hui il est banale, ça me laisse perplexe sur le niveau de décadence que nous avons atteint en l'espace de 10 ans seulement.
Depuis quand la vulgarité est devenue aussi normale ? Pour moi, ce n'est pas une évolution, c'est une dégradation. Parfois, j'aimerais bien retrouver l'innocence que j'avais à cet âge. Le monde d'aujourd'hui me semble vraiment sale. Nous déversons un égout dans le cerveau de nos enfants, et nous ne nous en rendons même pas compte. C'est vraiment triste.

COMMENTS
Par  tonga  |  16

Le mien sait dire "Sale pute" (on parlait de ma boss devant lui, ça nous a échappé), de manière assez enthousiaste d'ailleurs.
Après je ne comprends pas les parents qui mettent un veto absolu sur les gros mots... C'est pas du cyanure qui sort de sa bouche, les gars, le tout est d'arriver à intégrer devant qui il ne faut pas le dire (et ça, les enfants le comprennent très bien). D'ailleurs ce n'est pas parce que vous vous interdisez d'en dire qu'ils ne les apprendront jamais (au contraire, ils comprendront très vite à quel point c'est drôle de les répéter en boucle si vous le leur interdisez)...

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  LeïaPhoebe  |  32

"Le tout est d'arriver à intégrer devant qui blablabla". Wé sauf qu'il faut attendre un certain âge pour ça, et faire attention soi-même à propos de qui on emploie les gros mots. Autant il y a peu de chances que tes mômes croisent un jour ta boss, autant je suis pas sûre que la voisine appreciera de se faire traiter de grosse vache, ou le voisin de sale con.

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  tonga  |  16

Tu ne peux pas empêcher ton môme de dire à la voisine qu'elle est une grosse vache, que tu emploies cette expression régulièrement à la maison ou non.
D'ailleurs, ma belle-fille, qui est un peu plus âgée, a toujours été un modèle de distinction en société... et pourtant elle entend et dit des gros mots depuis son plus jeune âge.

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  Aïlys  |  9

Oui, c'est vrai qu'un enfant élevé dans un milieu vulgaire est vulgaire pour les autres mais un modèle de sainteté pour sa famille vulgaire.
Le problème est justement là. Les enfants grandissent dans un milieu ou tout est banalisé. La violence, la vulgarité, l'irrespect, l'intolérance...
Quand un enfant est insolent et vulgaire, les gens disent : il ira loin, ce petit/cette petite ! Il/elle a du caractère !
Mais moi, l'absence de respect me choque. Les enfants d'aujourd'hui seront les adultes de demain. Personnellement, j'ai déjà entendu des gros mots, mais j'ai constaté la différence d'éducation lorsque j'avais 8 ans.
J'écoutais une enfant de 10 ans raconter une histoire de son père qui faisait ses besoins bruyamment et sa mère qui lui criait dessus à travers la porte.
Elle nous l'a raconté comme ça, mot pour mot.
"Mon daron était en train de chier, et il avait la coulante de fou ! Il pétait et *imitation d'un bruit de diarrhée* et ma daronne a tapé dur la porte en gueulant "ouais t'as le bide pourri ou quoi fait moins de bruit c'est dégueu !" et là mon daron lui fait "ta gueule ! Aux chiottes on fait c'qu'on veut !” *imitation du bruit de la diarrhée*
Et elle s'est mise a rire de son histoire. J'avais 8 ans, et non seulement je n'ai pas trouvé ça drôle, mais pour moi c'était d'une vulgarité incroyable. C'etait au milieu des années 90. Je n'avais pas été élevé comme ça. Ce langage n'existait pas pour moi. Quand je vois à quel point aujourd'hui il est banale, ça me laisse perplexe sur le niveau de décadence que nous avons atteint en l'espace de 10 ans seulement.
Depuis quand la vulgarité est devenue aussi normale ? Pour moi, ce n'est pas une évolution, c'est une dégradation. Parfois, j'aimerais bien retrouver l'innocence que j'avais à cet âge. Le monde d'aujourd'hui me semble vraiment sale. Nous déversons un égout dans le cerveau de nos enfants, et nous ne nous en rendons même pas compte. C'est vraiment triste.

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  Humour_bizarre  |  37

T’en fais pas Aïlys, il y a encore des parents qui refusent la vulgarité. J’ai des élèves qui sont très polis et ne disent jamais aucun gros mot. Et EUX, ils iront loin. Bizarrement ceux qui sont les plus vulgaires sont souvent ceux qui ont des parents démissionnaires et qui ont un avenir bien noir en perspective...

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  Tharkun  |  40

Je pense que la vulgarité au niveau où tu la décris a toujours existé.
Tu dis avoir eu 8 ans au milieu des années 90. J'ai donc environ 20 ans de plus que toi.
Je peux hélas te dire que j'ai croisé à l'époque des enfants de mon age s'exprimant de la sorte.
Je me suis souvent posé la question de qui des Groseille ou des Les Quesnoy étaient les plus caricaturaux...

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  tonga  |  16

Vous êtes mignons, mais votre interprétation de ce que j'ai écrit est à des milliers de kilomètres de ma réalité...
Et si j'osais un parallèle probablement aussi faux que les réactions que j'ai pu lire, je ne souhaiterais pas avoir été élevé par un père et/ou une mère capable(s) de juger sévèrement (et d'appliquer la sentence avec une grande rigueur) des faits ou des paroles qu'ils jugeraient très graves, sans me laisser plus avant la possibilité de m'expliquer, y compris après avoir entendu "gris" (ce que j'ai écrit) et compris "noir" (l'interprétation d'Aïlys).

Sinon, je pense qu'un enfant a avant tout besoin d'amour et qu'il faut le laisser s'exprimer. Et désolé de briser tes fantasmes Aïlys, mais ce n'est pas et ce ne sera probablement jamais mon genre de faire des concours de pets avec mes enfants. Quand bien même serions-nous, sa mère, sa fille (première de sa classe depuis le CP, devant tous les petits bourgeois du quartier), ou moi, les vulgaires de quelqu'un (il paraît qu'on est tous le con de quelqu'un, peut-être est-ce vrai avec la vulgarité), je te renvoie à l'excellent ouvrage "C'est pour ton bien" d'Alice Miller, dont la lecture peut éventuellement opérer un échelonnement des priorités éducatives chez quelqu'un d'un peu ouvert : devenir vulgaire, ce n'est pas très grave, si on est bien dans ses baskets ; ravagé par une éducation ultra-rigide, c'est plus embêtant. Tu peux lire "Mars" de Fritz Zorn aussi, un autre cas pratique d'enfant très poli et de ce qu'il est devenu. Mais sinon mon fils va bien, personne ne l'a encore jugé vulgaire et, heureusement peut-être, mes amis n'ont pas ce travers trop fréquent qui consiste à tomber dans l'énoncé pontifiant de lieux communs sur l'éducation dès qu'on se met à parler des enfants.

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  tonga  |  16

Un autre biais dans ta réaction Aïlys (oui, j'avoue que la lecture de ce que tu as écrit m'a un peu chauffé mais je ne t'en veux pas plus que ça, ma réaction à chaud me donne aussi un alibi très pratique pour procrastiner, hélas elle a lieu vingt-quatre heures trop tard, la VDM étant partie dans les limbes de l'immédiateté je crains que tu ne lises jamais ma réponse, mais que veux-tu, les jeunes d'aujourd'hui ils veulent de l'immédiat, ils ne sont plus sur le temps long comme nous à l'époque)
Un autre biais donc, est le fait qu'on (toi, moi, tout le monde) a tendance à considérer le milieu dans lequel on a grandi comme la norme sociale majoritaire de l'époque... alors que non. C'est ça qui explique selon moi l'état d'esprit du "c'était mieux avant" dont j'ai moi aussi été victime quand j'avais la vingtaine conquérante, mais des petits gamins vulgaires, il y en avait autant dans les années quatre-vingt-dix que maintenant. J'avais lu un texte quand j'étais étudiant, sur le fait qu'aujourd'hui, la jeunesse ne respectait plus rien, qu'il n'y avait plus de respect pour les aînés, bref, l'humanité foutait le camp et on se demandait ce que la société allait devenir avec une jeunesse pareille. Ce texte datait de l'Antiquité grecque. Véridique. Il faudrait que je le retrouve.

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  Tormante  |  36

Moralité en guise de chute
La vulgarité ne dit jamais "fils de pute"
"Enculé d'ta race" ou "va niquer ta mère"
La vraie vulgarité ne tient pas c'vocabulaire
Elle se cache derrière de belles familles, de belles carrières
De sourires hypocrites et de bonnes manières
Tu la reconnais au ton condescendant
La vraie vulgarité se lâche comme ça en plaisantant
Elle croit que tout lui est dû, que tout s'achète
L'argent et le pouvoir lui sont montés à la tête
Elle fait son beurre sans scrupules dans la misère
La vraie vulgarité sait comment s'en satisfaire
Vénale, sans complexe, elle s'étale
Dégueulasse, elle a ce mépris de classe qui fait mal
Elle est vicieuse, elle est sournoise
La vraie vulgarité, elle est bourgeoise